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Le Sénégal devrait faire appel à Lazard pour gérer sa dette, confirment trois sources
information fournie par Reuters 16/07/2026 à 11:38

par Karin Strohecker et Portia Crowe

Le Sénégal devrait désigner Lazard LAZ.N comme conseiller financier pour les questions liées à sa dette, ont confirmé trois sources proches du dossier, alors que les investisseurs suivent de près les efforts déployés par le pays pour faire face à ce fardeau économique.

L'information a été rapportée initialement par l'agence Bloomberg.

Ce pays d’Afrique de l’Ouest s’efforce de redresser ses finances publiques depuis 2024, année où le gouvernement alors nouvellement en place avait révélé l’existence de dettes non déclarées auparavant, dont le montant a finalement dépassé les 13 milliards de dollars (11,3 milliards d'euros), soit plus d’un quart de son produit intérieur brut.

Des sources ont indiqué à Reuters la semaine dernière que les autorités avaient lancé un processus de sélection pour choisir un conseiller financier. De telles nominations sont souvent considérées comme une première étape dans la préparation des discussions avec les créanciers, même si elles ne signifient pas nécessairement une restructuration imminente.

Lazard n’a pas souhaité faire de commentaire. Le ministère sénégalais des Finances n’a pas réagi non plus.

Selon les sources, Lazard devrait travailler en collaboration avec Global Sovereign Advisory, basé à Paris. Le Sénégal avait annoncé en novembre que GSA agissait en tant que conseiller financier du gouvernement.

Le Sénégal négocie un nouveau programme avec le Fonds monétaire international depuis que le FMI a suspendu un précédent prêt de 1,8 milliard de dollars à la suite de la découverte de données erronées concernant la dette.

Pour obtenir de nouveaux financements, Dakar doit démontrer que le poids de sa dette suit une trajectoire viable. Un accord avec le FMI servirait également de point d’ancrage essentiel pour obtenir des financements extérieurs plus larges.

Le Sénégal a à plusieurs reprises exclu toute restructuration de sa dette souveraine et s’est appuyé sur les marchés régionaux pour se financer. Mais les coûts d’emprunt restent élevés, l’accès aux marchés internationaux est de fait fermé et les besoins de financement ne cessent de croître.

Les investisseurs considèrent de plus en plus qu’une restructuration de la dette est inévitable.

"En supposant que le Sénégal s’engage dans un programme du FMI, notre scénario de base est qu’une renégociation de la dette sera nécessaire, et nous estimons qu’un scénario de 'gestion au jour le jour' est de plus en plus improbable", ont déclaré les analystes de Citi dans une note adressée à leurs clients et publiée mercredi.

"Notre scénario de renégociation de la dette extérieure suppose qu’une importante décote nominale sera nécessaire."

Les obligations internationales du Sénégal libellées en euros et en dollars se négocient à des niveaux très bas, la plupart des échéances s’échangeant entre 52 et 58 centimes pour un dollar ou un euro, en baisse de jusqu’à 0,8 centime sur la journée.

(Reportage Karin Strohecker et Portia Crowe à Dakar; Version française Matthieu Huchet, édité par Sophie Louet)

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